Le cancer de la prostate

Prostate

Il peut se présenter sous la forme d’une tumeur localisée (circonscrite à la prostate) ou sous une forme évoluée, avec des métastases ganglionnaires et osseuses.La prostate est une glande hormono-dépendante comme le sein chez la femme.

On découvre environ 53 000 nouveaux cas de cancer prostatique chaque année.

Tous n’ont pas le même degré de gravité. 80 % sont découverts à un stade de début, localisé. Ceci incite à encourager le dépistage après 50 ans, comme le recommande l’Association Française d’Urologie qui permet de proposer un traitement permettant la guérison.

En 2016, ont été réalisées au CHRU :

  • 364 biopsies,
  • 36 surveillance active intiées + 33 reconduites (patients biopsiées au CHU uniquement)
  • 143 prostatectomies totales ont été réalisées (113 par voie coelioscopique robot assistée et 30 par voie ouverte),
  • 6 ablations par Ultra-Sons focalisés (Ablatherm et Focal One)

Dépistage

Le dépistage est recommandé à partir de 50 ans. Il comprend un dosage du PSA (Prostate spécifique antigène) et un toucher rectal.

Stades

  • Sont à faible risque les tumeurs T1a et T2a avec PSA < 10ng et score de Gleason < 6

  • Sont à risque élevé les tumeurs T2c avec PSA > 20 et score de Gleason > 8, et les T3a et b

  • Sont à risque intermédiaire les tumeurs T2b avec PSA entre 10 et 20 et Gleason à 7

Le dépistage du cancer de la prostate doit être réalisé après information du patient. Le débat autour du dépistage ne doit pas entraîner une perte de chance d’être dépisté à temps pour ceux qui en ont besoin.

IRM prostateLe diagnostic a été très amélioré par l’IRM prostatique, réalisée dans un centre de radiologie avec ses radiologues formés et experts en uro-radiologie. Cette IRM, réalisée avant les biopsies, permet de guider les prélèvements, en estimant de façon précise la présence ou non de cancer de prostate.

Le CHRU de Lille est l'un des premiers centres à avoir évalué la place de l’IRM, depuis 2002. Il participe à la formation des médecins régionaux et nationaux. 12 chercheurs dont 5 de l’équipe du Pr VILLERS travaillent sur ce sujet au sein de l’Unité INSERM U 703 de Serge MORDON, en collaboration avec le Pr LEMAITRE et le Dr PUECH du service de radiologie du CHRU.

Traitement

Il varie en fonction de la gravité de la tumeur (classification TNM), selon que le cancer est localisé ou métastatique, selon le volume tumoral et l’espérance de vie du patient. On sait en effet que dans bon nombre de cas, une tumeur prostatique connaît une évolution lente qui peut conduire, chez certains patients âgés, à proposer une simple surveillance.

Les traitements sont multiples, chaque méthode a ses bénéfices et ses effets secondaires.

Da VinciLa prostatectomie totale, qui consiste à enlever la prostate et les vésicules séminales, est un traitement indiqué en priorité dans les cas localisés chez les hommes de moins de 75 ans, et comporte des effets secondaires sexuels non négligeables.

La curiethérapie, technique qui consiste à implanter de façon permanente des grains d’iode radioactif 125 dans la prostate pour détruire la tumeur est aussi un technique proposée aux hommes jeunes mais comporte parfois des effets secondaires d’inflammation.

La radiothérapie externe est proposée aux hommes de plus de 70 ans, ou en cas de stade évolué localement.

Des traitements mini-invasifs du type ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) sont disponibles. Il s'agit de méthode expérimentale que l'on réserve à des tumeurs peu agressives localisées à un lobe (hémi-ablation) ou à des récidives locales après radiothérapie chez des patients fragiles. Ce procédé utilisant l'équipement Ablatherm® ou Focal one® consiste à administrer par voie endorectale des ultrasons qui élèvent la température cellulaire afin de détruire la tumeur. 15 à 20 patients par an bénéficient de ce traitement, et actuellement dans le cadre du forfait innovation de l’HAS, Lille étant un des centres sélectionné. (JO : Arrêté du 7 mai 2014 relatif à la prise en charge au titre de l’article L. 165-1-1 du code de la sécurité sociale de la destruction par ultrasons focalisés de haute intensité par voie rectale d’un adénocarcinome localisé de la prostate).

Ablatherm

Dans les tumeurs avancées, l’adjonction d’une hormonothérapie fait cesser la prolifération des cellules cancéreuses. Mais l’effet reste limité dans le temps car après 18 à 24 mois, les cellules cancéreuses ont tendance à échapper au traitement (On parle de résistance à la castration).

Il faut alors se tourner vers d’autres prises en charge (chimiothérapie, radiothérapie) qui procurent au patient un confort local, un soulagement des douleurs de compression.

Les formes peu agressives, non métastatiques peuvent également bénéficier de l’hormonothérapie au long cours, mais il faut surveiller les paramètres osseux, ces traitements étant réputés favoriser l’ostéoporose.

Après une intervention chirurgicale

Le traitement des troubles sexuels et de l’incontinence urinaire est possible avec une prostatectomie totale pour cancer. Voici deux fiches informatives permettant de répondre aux questions post opératoires :

Information sur la prise en charge des troubles sexuels après prostatectomie totale pour cancer

Information sur la prise en charge de l’incontinence urinaire après prostatectomie totale pour cancer

Source : Association Française d'Urologie