Le cancer de vessie et des voies urinaires

VessieLe CHRU de Lille est l'un des centres de référence de traitement du cancer de vessie. En 2016, 50 cystectomies totales dont 4 par voie coelisocopie robot assistée ont été réalisées au CHRU ainsi que 220 ablations endoscopiques (RTUV).

Ces lésions vésicales favorisées par le tabagisme et l’exposition à des facteurs professionnels ou environnementaux (arsenic, pesticides, cancérogènes industriels) s’observent fréquemment chez les plus de 50 ans. Ces tumeurs sont enlevées par les voies naturelles sous caméra et donc analysées au laboratoire. L’analyse des « polypes » permet de juger de leur agressivité et en particulier de distinguer les formes superficielles (n'atteignant pas le muscle vésical) et les tumeurs infiltrantes.

Diagnostic

Les premiers examens combinent une analyse d’urine à la recherche de germes (ECBU), une analyse d’urine à la recherche de cellules anormales (cytologie urinaire ou examen anatomopathologique du sédiment urinaire), une fibroscopie effectuée au moyen d’un endoscope pourvu d’une caméra qui examine la paroi vésicale. Il s’agit d’un examen indolore réalisable au cours d’une consultation chez votre urologue.

Le bilan consiste en une cystoscopie et une imagerie par scanner et/ou IRM.

Traitement

La présence d’un polype impose son ablation (ou résection) après que l’on se soit assuré de la stérilité des urines grâce à l’ECBU. Le polype sera ensuite confié au laboratoire d'anatomopathologie qui, après examen microscopique, déterminera le degré d’infiltration et l'agressivité des cellules (grade). Les résultats orienteront le traitement.

Dans certaines circonstances, le traitement s’arrête là. Une fois le polype enlevé votre urologue se contentera d’une simple surveillance par cystoscopie à 3, 6 mois et 12 mois ou par échographie annuelle en l’absence de récidive.

Dans des formes plus évoluées, à titre complémentaire, pour empêcher la survenue de récidives on procède à une série d’instillations vésicales d'agents pharmacologiques: bacilles de Calmette et Guérin atténués (BCG) ou de mitomycine C programmées à intervalles réguliers afin de diminuer les risques de récidive de tumeur. Dans certains cas, l'urologue peut poser l'indication d'une 1ère instillation immédiatement après la résection. Le plus souvent cependant, les instillations sont débutées à quelques semaines de la résection.

Ces instillations peuvent être responsables d'effets indésirables: essentiellement brûlures urinaires, envies fréquentes d'uriner, fièvre, fatigue. Votre urologue adaptera le traitement de ces effets indésirables en fonction de leur gravité. Parfois ces effets secondaires peuvent contre-indiquer la poursuite des instillations.

Pour un cancer de la vessie, la prise en charge initiale est endoscopique (résection de la tumeur de vessie par voie naturelle), ceci permet de connaître le stade de la maladie. En fonction de ce stade, un traitement par surveillance, par instillations dans la vessie de BCG, ou par ablation de la vessie sera décidé lors de la réunion pluridisciplinaire du service.

En cas d’ablation de la vessie, une nouvelle vessie intestinale est réalisée dans notre service dans plus de 8 cas sur 10, cela permet au patient d'éviter de porter une poche abdominale définitive.

Surveillance

Les instillations endovésicales sont destinées à diminuer les risques de récidive.

La surveillance passe par la fibroscopie régulière et systématique (même en l'absence de signes). La fibroscopie peut être associée à la cytologie urinaire. En effet, il faut procéder à l’ablation de toute récidive découverte à l’occasion des cystoscopies de contrôle afin d’en éviter la croissance et d’en connaître la nature. En effet les récidives peuvent survenir sur un mode plus agressif que la tumeur primaire, ce qui est désigné sous le terme de "progression".

Source : Association Française d'Urologie